Tranche d'une vie, suite 2

J'ai interviewé une jeune femme atteinte d'anorexie mentale et je vous avais livré les réponses à ma première et deuxième questions il y a quelques semaines de cela. Je partage donc aujourd’hui avec vous la réponse à ma troisième question afin de mieux comprendre ce qu'est l'anorexie.
 
 

Finalement vous êtes allée dans une clinique spécialisée dans les TCA. Pouvez-vous me parler de votre séjour là-bas?

 

Il y a un an j’ai pris rendez vous avec le psy de la clinique, à la fin de l’entretien il m’a proposé de visiter l’etablissement et de remplir un dossier afin d'être mise sur liste d'attente.

La clinique m'a appelé en octobre et j’avais la possibilité d’y rentrer 5 jours après. J'ai intégré l'établissement et j’y suis restée 5mois.

 

Les 5 premiers jours, j’ai été coupé de tous contacts avec l’extérieur, aucune visite, aucun appel, j’avais du rendre mon portable. 5jours qui font peur mais qui sont essentiels! Ils m’ont permis de me recentrer sur soi même, de comprendre l’importance de la prise en charge par des médecins spécialisés, mais ils permettaient aussi à l’équipe médicale d’en apprendre plus sur moi à travers des entretiens quotidiens et individuels, ainsi qu’à travers des tests.

 

Ensuite, tout au long de ces 5 mois j’avais un suivi quotidien avec le médecin psychiatre et les infirmières.

J’avais des ateliers qui se déroulaient par cycle, tel que la “présence au corps”, “l’artherapie”, “la pleine conscience”, la dansetherapie”, la balnéothérapie et l’affirmation de soi. Il y avait aussi des ateliers cuisines et des repas thérapeutiques.

 

La bas, le soin est basé sur la confiance. Personne ne vas regarder et vérifier si l’on rend ses repas ou pas, il fallait juste s’engager à respecter le contrat de poids.

On m’a réappris à manger, je pouvais manger de tout et je voyais bien qu’il était compliqué pour moi de reprendre du poids.

 

Ce séjour en clinique m’a ouvert les yeux sur mon corps, et aider à voir que je n’étais pas grosse comme je le voyais. C’est en particulier la videotherapie (une infirmière nous film en sous vêtements et habille) qui m’a ouvert les yeux, pour la première fois depuis 10 ans. De plus j’ai réussi a “reconnecter” ma tête avec mon corps et chasser cette “petite voix” , du moins la faire taire ou comprendre qu’elle se trompe.

J’ai appris à me connaitre, à accepter d’avoir des sensations, ressentir des émotions. Pour la première fois depuis le début de ma maladie je me sentais “vivante”, j’avais l’impression de renaitre , j’étais “moi” et j’acceptais de l’etre sans chercher à vouloir disparaitre ou penser que je n’étais rien.

 

J’avais des hauts et des bas pendant mon soin , le cap des 3 mois à été très compliqué. Une envie de tout balancer et d’arrêter. Et puis tout ça, j’ai réussi à en parler pour la première fois depuis mon hospitalisation, j’ai réussi à dire “que non ça n’allait pas” , j’ai demande à mon médecin de me laisser sortir au bout de 5 mois. Je n’étais pas guéri et j’avais encore du poids à prendre mais mon médecin psy a eu confiance en ma volonté d’y arriver et à vu que j’étais lucide face à la maladie. On a préparer ma sortie.

 

Ce récit a été rédigé par une jeune femme qui souhaite rester anonyme, que je soutiens fortement pour l'aider à guérir. Je vous ferais part de la suite de cet interview prochainement.

 

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