Tranche d'une vie, suite

Tranche d'une vie, suite

 

J'ai interviewé une jeune femme atteinte d'anorexie mentale et je vous avais livré la réponse à ma première question ("Quand avez-vous pris conscience que vous étiez malade?") il y a quelques semaines de cela. Je partage donc aujourd’hui avec vous la réponse à ma deuxième question afin de mieux comprendre ce qu'est l'anorexie.

 

Vous dites : « En 2007, grâce à l’aide de mon ami j’ouvre les yeux et accepte d’admettre que j’ai quelque chose qui ne va pas chez moi. »,

« … si je ne fais rien je le perds (son ami, NDLR). » et « ... je décide d'y aller (clinique spécialisée dans les troubles du comportement alimentaire, NDLR). »

Avez-vous entrepris d'être prise en charge parce que vous saviez que vous étiez malade, ce qui ne semble pas être le cas d'après ce que vous m'avez écris, ou uniquement pour le bien de votre couple ?

 

J’avoue que c’est assez difficile de répondre parce qu’il y a un mélange des deux: au début où j’ai voulu perdre du poids je ne me rendais pas compte que je mettais mon doigt dans une spirale infernale, jamais je n’aurais imaginé que j’étais malade ou en train de tomber dans l’anorexie. Mon ami me voyait maigrir à vu d’œil et moi je ne voyais pas ça, je me voyais de plus en plus grosse. Au fond de moi je savais qu'il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond.

Les repas commençaient à devenir de plus en plus compliqués, dès que je pouvais les sauter je le faisais…

Je savais que tout ça n’était pas normal et mentalement je commençais à être envahie par des pensées négatives qui me rendaient triste et mal.

Nous sommes partis un an à l’étranger, je rassurais mon ami en lui disant que ça irait mieux là bas, en vain… J’étais super bien là-bas mais la maladie était toujours présente. Malgré le fait d'être tombée dans cette maladie, une petite partie en moi reste lucide et grâce à l’amour de mon ami et de ma famille, je les écoute et accepte de leur faire confiance…

La maladie s’est déclenchée relativement tard chez moi (j’avais 23 ans) du coup je pense aussi que c’est la maturité qui m’a fait admettre que j’avais besoin d’aide.

Pour ce qui est de la décision de la clinique, c’est un peu pareil, mes médecins et mon entourage m’en parlaient mais j’étais persuadée que j’en avais pas besoin et qu’un jour j’aurais un déclic… Cependant à force de voir que la maladie est toujours présente, que tout le monde s’inquiète de savoir comment je tiens debout encore, que je me dispute avec mon ami pour chaque repas, que l’on ne peut pas avancer dans nos projets futurs à cause de ma maladie et que je suis mentalement à bout de nerfs et épuisée j’accepte d’aller visiter l’établissement.

C’est aussi grâce à ma psychothérapeute avec qui j’ai noué des liens forts et une totale confiance que j’accepte ça.

 

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