Tranche d'une vie

J'ai interviewé une jeune femme atteinte d'anorexie mentale. Je vous délivre donc sa réponse à ma première question qui était : "Quand avez-vous pris conscience que vous étiez malade?".

(Baptiste Francillon, diététicien nutritionniste benestar)

Sa réponse : "En 2004, je pars faire un stage à l'étranger pour mes études et je me mets en tête de faire attention un petit peu à ce que je mange. Avec mes études dans l’hôtellerie, c’est facile pour moi de « sauter des repas ».

 

A mon retour, j’enlève petit à petit plusieurs aliments et commence à tenir un carnet alimentaire : je classe les aliments dans deux colonnes «  autorisés et interdits » et puis je note mon poids avec des objectifs et je m'arrêterais là. A ce moment je n’ai absolument pas conscience que je rentre dans une spirale infernale.

Mon ami et mes parents me font la remarque que j’ai perdu du poids... Je ne les écoute pas et surtout, je ne les crois pas puisque je ne le vois pas. Je commence à nager dans mes vêtements, il y a une part de moi qui est contente je crois... Mais je ne m’arrête pas là. Je note encore les kilos supplémentaires à perdre..."

 

"Été 2006, je vais voir le film Je vais bien ne t’en fais pas avec ma maman et mon ami ; la fille dans le film est anorexique, fait un malaise et est hospitalisée. Je sens un malaise en moi et j’en pleure. Est-ce que je suis comme elle ? Non voyons, il n’y a aucune raison puisque je ne me vois pas maigre, bien au contraire, plus je maigris plus je me vois grosse !

En 2007, grâce à l’aide de mon ami, j’ouvre les yeux et accepte d’admettre que j’ai quelque chose qui ne va pas chez moi. Je vais voir mon médecin généraliste qui m’envoie chez une psychanalyste et je commence un travail sur moi pendant 3 ans.

En 2010, pour des raisons professionnelles nous déménageons et je décide aussi de changer mon suivi. Je rencontre une psychothérapeute spécialisée dans les TCA [NDLR: troubles du comportement alimentaire] qui va être une de mes plus belles rencontres. Elle me fait remplir un « contrat de poids ». Si je ne le respecte pas, c’est une sonde ou la clinique.

A cette époque, je ne me sens pas concernée : la clinique c’est pas pour moi, j’en ai pas besoin et j’aurai le déclic… Dans ma tête, je me “sens” bien et motivée. Au niveau du poids je descends au plus bas : je fais des semaines de plus de 40h, je dors 5h par nuit maximum mais je ne me sens jamais fatiguée et ultra forte donc pour moi c’est génial !"

 

"Mais tout ça n’est qu'une carapace. Ma maladie se met en travers de mon couple et mon ami, de plus en plus inquiet, se sent impuissant. On en discute et je réalise que si je ne fais rien... Je le perds.

Grace à son soutien, à celui de ma psy et de mon entourage, je vais visiter une clinique spécialisée dans les TCA. 1 mois après je décide d’y aller..."

 

Ce récit a été rédigé par une jeune femme qui souhaite rester anonyme, que je soutiens fortement pour l'aider à guérir. Je vous ferais part de la suite de cet interview prochainement.

 

www.benestar-france.fr

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